Dans un premier temps, les exploitations minières génèrent d’importants volumes de poussières au sein des villages concernés…
Mais à moyen terme, pendant et après l’exploitation - surtout après, quand les dernières poussières seront retombées sur le village silencieux - que boiront les villageois ?
L’eau.
Laquelle ?
À Sadiola les 64 millions de mètre cubes d’eau utilisés annuellement pour rincer l’or dans le processus de traitement du minerai, sont pompés par la pompe de Diamou installée pour la circonstance sur le fleuve Sénégal, et transitent par un pipeline de 64km de long (!) jusqu’à l’exploitation. On peut supposer qu’à terme, les nappes phréatiques seront peu affectées - tout au plus contaminées par les déchets miniers, notamment l’arsenic.
Rappelons (cf. rubrique Sadiola) que cette exploitation étant financée aux 2/3 par des fonds publics, fait figure de vitrine des exploitations aurifères ouest-africaines et bénéficie d’un traitement de faveur…
Mais ailleurs ?
Sur la vallée de Kéniéba, ou à Morila, et ailleurs très probablement, l’eau est pompée directement sur les nappes phréatiques locales avant d’être rejetée sous formes de boues toxiques.
Nous sommes au Mali, terre de soif au bord du désert du Sahara. (La planète se réchauffe ? et alors ? rien à voir !)
Cyanure & acide entrent dans le processus de traitement du minerai.
Le risque majeur du cyanure, est à court terme une contamination par débordement du bassin de boues - qui advint déjà à Sadiola, Yatela et Syama ; le ruissellement de ces boues jusqu’aux marigots locaux provoquant des fausses couches systématiques dans 6 villages à Sadiola.
L’acidité est également générée par le phénomène de drainage acide minier, qui advient lorsque le minerai de type sulfuré (excavé en profondeur) entre en contact avec l’air et l’eau. Oxydés, les éléments chimiques présents - notamment l’arsenic - se solubilisent et pénètrent lentement jusqu’aux nappes phréatiques.
Cette pollution par drainage acide minier est beaucoup plus pérenne que la contamination au cyanure - lequel s’auto-détruit à moyen terme sous l’action des rayons solaires.
Ce n’est pas le cas de l’arsenic.
Déjà, les populations de Syama (ancienne mine d’or malienne) présentent d’étranges tâches sur la peau… La consommation quotidienne de cette eau, à terme, peut entraîner des cancers cutanés.
Un danger souvent ignoré - le cyanure étant beaucoup plus effrayant…
Les populations locales n’auront alors plus accès qu’à une eau raréfiée, contaminée au cyanure, à l’arsenic, à l’acide.