Les exceptionnelles réserves maliennes ont des coûts d’exploitation très bas. Cela induit une énorme marge supplémentaire – des centaines de millions d’euros, qui bien entendu ne vont pas à l’un des États les plus pauvres du monde : ils préfèrent, par exemple, d’étranges sociétés canadiennes. Avec la bénédiction de la Banque mondiale, impliquée dans les montages financiers.
Morila est la plus rentable des 23 mines que le trust sud-africain Anglogold exploite à travers le monde (Marchés tropicaux, 21/09/2001). Son associé Randgold évoque un rendement « fantastique » de 50 %, un retour sur investissement en 15 mois. La firme a tenu en 2001 sa réunion stratégique dans l’île sénégalaise de Gorée, l’un des points de départ les plus célèbres de la traite des Noirs…
Iamgold (“I am gold”), l’actionnaire canadien de la mine de Sadiola, s’extasie sur les profits de son « trésor », « la meilleure découverte en Afrique ». Elle a déjà rapporté 340 millions de dollars. Hors Mali. Au Mali, autour de Sadiola, 15 millions de tonnes de roches sont déposées chaque année. Un tiers a été traité au cyanure, à la chaux vive, à l’acide chlorhydrique. L’exploitation génère d’importants volumes de poussières, chargées de métaux lourds, ce qui provoque des troubles respiratoires chez les villageois.
L’électricité nécessaire vient du barrage de Manantali, construit en amont du fleuve Sénégal. Avec de l’aide publique au développement.
"Billets d’Afrique", novembre 2002