COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU 23 JUIN 2010
LE CYANURE BIENTOT BANNI DE GUYANE
Maiouri Nature se félicite de l’initiative du Parlement européen qui a adopté par 488 voix (82% de l’hémicycle) une résolution sur l’interdiction générale de l’utilisation du cyanure dans l’industrie minière de l’U.E. Le parlement invite la commission à mettre en place cette interdiction avant la fin 2011 et demande aux pays membres "de ne pas soutenir directement ou indirectement, de projets miniers mettant en oeuvre des technologies à base de cyanure". Une fois transposée en droit français, cette directive s’appliquerait, de fait, à la Guyane. Cette nouvelle garantie sanitaire devrait ainsi préserver le département des insidieuses implantations à grande échelle des multinationales aurifères telles que Newmont ou Iamgold.
Le cyanure est une substance chimique extrêmement toxique, utilisée dans l’industrie de l’extraction de l’or. Ses effets sur l’environnement et la santé humaine sont potentiellement catastrophiques et irréversibles. Rappelons seulement que plus de 30 accidents majeurs associés à des déversements de cyanure se sont produits ces 25 dernières années. Le dernier en date, en Roumanie, a provoqué la plus grande catastrophe environnementale européenne, après Tchernobyl.
Les entreprises à l’origine de ces désastres sont pourtant à la pointe de la technologie et avaient toutes certifié pouvoir maîtriser tout dysfonctionnement, tant durant le transport, le stockage ou l’utilisation du cyanure.
L’aggravation des phénomènes météorologiques extrêmes, notamment des épisodes pluvieux fréquents et intenses, tels qu’en annonce le rapport des experts climatiques (GIEC), laisse légitimement présager un accroissement de tels accidents.
L’exploitation industrielle des mines d’or est une industrie dangereuse manipulant des quantités considérables de produits très toxiques (4).
De plus, elle ne génère que peu d’emplois et pour une courte période, tandis qu’elle fait peser le risque de véritables désastres écologiques (drainage acide miniers, contamination des nappes phréatiques, etc). D’ailleurs, le coût des réparations est rarement pris en charge par les multinationales, lesquelles changent régulièrement de noms via un complexe processus d’achat-revente.
Le vote responsable de ces parlementaires contraste évidemment avec la réaction de la 6eme vice-présidente de la Région Guyane, par ailleurs présidente de la Fedomg et exploitante des plus grosses mines d’or du département. Elle aurait envisagé de réclamer une dérogation à cette directive, pour la Guyane !
Rappelons que des alternatives au cyanure existent mais n’ont pas été développées pour des raisons économiques. A l’heure où le cours de l’or atteint des sommets, persister à utiliser le cyanure pour augmenter de manière insignifiante les profits d’industriels, est inconcevable. Toute demande de dérogation à cette directive, véritable évolution de la sécurité sanitaire des populations, serait irresponsable.