Projet minier de Tala Hamza : inquiétudes diffuses, précisions nécessaires

Lundi 16 août 2010, par Orez (K.) // en Algérie

La presse algérienne (relayée sur ce site) s’est récemment fait l’écho des inquiétudes soulevées par le projet minier de Tala Hamza auprès de la population de Bejaia .

En effet, sur ce site est projetée l’ouverture prochaine de la 5e mine de zinc au monde !

Avec l’association ACTION nous avons eu l’opportunité de rencontrer Jean-Pierre Wilhelm, le PDG de Western Mediterranean Zinc (WMZ), afin de l’interroger sur les conséquences environnementales potentielles de l’exploitation. Ce dernier a eu l’amabilité de nous consacrer deux heures afin de répondre à nos questions.

Au niveau de l’extraction du minerai à 500m de profondeur (zones fortement concentrées en zinc), deux tunnels de 3km de long chacuns seront percés afin d’assurer l’accès au minerai. De là, des explosions souterraines permettront la pulvérisation du minerai, exhumé par ces mêmes tunnels jusqu’au centre de traitement du site. Ce procédé est nommé : foudroyage en masse.

La question prégnante à nos yeux, est celle de l’affectation des nappes phréatiques par le procédé, et du drainage acide minier qui pourrait s’ensuivre. Pour rappel, le drainage acide minier concerne le minerai de type sulfuré, excavé à une certaine profondeur, recelant des éléments chimiques tels que l’arsenic. Une fois en contact avec l’eau et l’air, ces éléments s’oxydent, se solubilisent et de là pénètrent jusqu’aux nappes, contaminant les ressources hydriques. J-P Wilhelm nous assura que l’eau serait pompée en permanence et injectée dans le processus de traitement du minerai. Toutes ces précisions étant détaillées dans l’Etude d’Impact Environnemental du projet minier - laquelle étude sera remiseau gouvernement algérien lors de son achèvement en 2011. Ce serait alors un rapport de 2500 pages...

L’état algérien étant lacunaire en termes de normes minières, le projet minier se conformerait aux normes internationales.

Le traitement du minerai pour en extraire le 10e de zinc et de plomb purs qu’il recèle, s’avère gourmand en eau : 80l/s, soit 2500m2 d’eau par an. L’eau serait pompée sur les nappes locales, suffisament riches d’après J-P Wilhelm. D’autre part, de l’acide serait ajouté au cours du traitement...

Les 9/10 du minerai, acide et toxique (présence d’arsenic) seront rejetés dans un bassin formé de la vallée fermée par un barrage.

Ce bassin serait intégralement revêtu d’un épais plastique imperméabilisant afin d’isoler le sol et éviter tout infiltration. D’autre part, le barrage serait surdimensionné par rapport aux précipitations possibles lors de la saison pluvieuse. Enfin, le rejet serait recouvert par 2m d’eau afin d’éviter le contact avec l’air.

Des rigoles entoureraient le bassin de rejets afin de recueillir les eaux de pluie, et de les utiliser dans le processus de traitement du minerai.

Toutes ces opérations, jusqu’au confinage strict du zinc et du plomb produits lors de leur transport au port de Bejaia, seront détaillées dans l’étude d’impact environnemental dont nous attendons avec impatience la restitution.

Camille de Vitry

Répondre à cet article