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[…] Conclusion et recommandations Ces constatations démontrent que, dans le cadre de leurs activités, les compagnies minières laissent des matières radioactives solides (boues, sols) dans l’environnement accessible à la population. D’autres contrôles effectués par la CRIIRAD [C1, C2, C3], l’ONG AGHIR in MAN [C5] et GREENPEACE [S3] ont montré en outre que des ferrailles et géotextiles contaminés sont en vente sur les marchés à ARLIT et que des stériles radioactifs ont servi de remblai de certaines pistes en particulier à AKOKAN. Ceci entraine une exposition inutile des populations aux radiations à la fois par irradiation externe et par contamination interne. Même lorsque cette situation a été démontrée et rendue publique par des contrôles indépendants, les compagnies ont laissé perdurer la contamination. En effet, suite aux découvertes de la CRIIRAD en mai 2007 [C3], ni les compagnies minières, ni les services du Ministère des Mines et de l’Energie du Niger n’ont été capables de déceler et de traiter correctement tous les points de contamination radioactive présents dans les rues d’AKOKAN. Ceci est attesté par le fait que GREENPEACE a mis en évidence à nouveau, en novembre 2009, la présence de 7 zones à radioactivité anormale dans les rues d’Akokan [S3]. Il est temps que les sociétés à l’origine de cette contamination prennent en charge : · La réalisation d’une campagne systématique de détection radiamétrique permettant le repérage des ferrailles, plastiques et géotextiles contaminés tant au niveau d’ARLIT que d’AKOKAN. La méthodologie de contrôle devra être pertinente (mesures au contact des objets à contrôler, appareillage sensible). · Le rachat de ces matériaux contaminés et leur enlèvement sans délai afin de limiter l’irradiation injustifiée des populations concernées. · La réalisation d’une cartographie systématique du niveau de rayonnement ambiant à proximité des zones minières et des zones urbaines permettant de repérer les secteurs présentant une radioactivité anormalement élevée du fait de la réutilisation de stériles miniers ou de l’abandon de matériaux radioactifs. · La décontamination de ces secteurs. · L’élaboration d’un site de stockage adapté à ces déchets radioactifs de type TFA, voire FA, à longue période physique (la période de l’uranium est de 4,5 milliards d’années). · L’identification et la correction des dysfonctionnements qui ont permis de telle pratiques et des sanctions à l’encontre des responsables de la sortie dans le domaine public de ces matériaux contaminés. · Une clarification écrite sur les méthodologies de contrôle et les seuils de contamination retenus pour déclasser les matériaux. · La réalisation et la publication d’expertises dosimétriques permettant de reconstituer les doses subies par les travailleurs et les populations exposés à ces matériaux (exposition externe et interne incluant la problématique du radon 222 et des poussières d’uranium, radium, thorium 230, plomb 210 et polonium 210, etc..). En effet les évaluations dosimétriques actuelles publiées par SOMAÏR [G1] et COMINAK [G2] n’intègrent pas ces expositions au calcul de dose. Suite à la publication des mesures effectuées par GREENPEACE en novembre 2009 [S3], AREVA s’est engagée à mettre en oeuvre un plan d’action concernant la problématique des stériles et des ferrailles à ARLIT et AKOKAN [S4]. La Société Civile d’ARLIT et les ONG Internationales devront suivre de près la mise en application de ce plan.