(Syfia Belgique) Sept cents personnes privées du droit à la terre et à l’eau : c’est, d’après l’Ong FIAN, le résultat de l’exploitation par la société sud-africaine AngloGold Ashanti du site minier d’Iduapriem, au Ghana. C’est loin d’être un cas unique en Afrique.
"Le ministre de la Justice du Ghana a reconnu en septembre que des militaires étaient engagés sur le site minier d’Iduapriem pour protéger la concession et dit qu’ils seraient retirés. Mais trois mois plus tard, je n’ai pas vu de changement", expliquait, fin 2008, à Bruxelles, Mike Anane, coordinateur au Ghana de l’ONG FoodFirst International Action Network (Réseau d’information et d’action pour le droit à se nourrir ). Le ministre donnait ainsi raison a posteriori à 700 paysans de la région de Wassa West et aux organisations qui les défendent. Tous affirment depuis longtemps que leurs droits humains sont violés : tant les droits socio-économiques, parce qu’ils sont privés de moyens d’existence, que les libertés individuelles, les paysans et leurs défenseurs étant régulièrement victimes de violences de la part de la police et de l’armée. L’affaire commence en 1989, lorsque la société minière sud-africaine AngloGold Ashanti acquiert des terrains afin d’y exploiter de l’or. Traditionnellement, ces terres appartenaient aux communautés paysannes locales, mais la loi ghanéenne affirme que le sous-sol est propriété de l’État, qui a donc pu l’attribuer à la compagnie, poursuit Mike Anane. Mais comment exploiter le sous-sol sans occuper le sol ? Les paysans sont donc déplacés et le peu de terres qui leur restent sont envahies par les déchets de l’exploitation minière. L’État leur a bien a fourni des compensations, comme la loi le prévoit, mais en aide alimentaire, sans leur attribuer d’autres terres leur permettant de vivre.
Ni à manger, ni à boire "Nous sommes des fermiers, mais nous voici maintenant assis à la maison à ne rien faire de nos journées parce qu’AngloGold Ashanti a pris nos terres", témoigne au Fian le président de l’Association des fermiers de Teberebie, la communauté déplacée.
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