radioactivité au Gabon

Lundi 20 septembre 2010, par Orez (K.) // au Gabon

L’entreprise AREVA laisse des traces là où elle passe…

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Des habitations et bâtiments publics construits avec des matériaux radioactifs

Les mesures radiamétriques effectuées en mai 2009 démontrent qu’à Mounana, de nombreux lieux d’habitation, tant au niveau de la cité des cadres que dans la cité ouvrière (cité rénovation) présentent des débits de dose à 1 mètre au dessus du sol plus de 2 fois supérieurs à la normale. Au contact du sol, le niveau de radiation est plus de 4 fois supérieur à la normale dans des maisons de la cité rénovation et des villas de la cité cadre. L’analyse des matériaux prélevés au fond d’un trou creusé au travers de la dalle du marché central montre que la radioactivité élevée provient de cailloux de type minerai pauvre ou stériles miniers uranifères (chaîne de l’uranium 238 globalement à l’équilibre avec une activité de l’ordre de 7 000 Bq/kg).

Cette situation est connue depuis plusieurs années, suite, semble-t-il à une mission de contrôle effectuée par l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique). Mais ni le CNPPRI, ni AREVA, n’ont accepté de transmettre ces rapports à la CRIIRAD. Une vingtaine de bâtiments contaminés ont été détruits7 courant 2007 sur instruction du CNPPRI et reconstruits par AREVA. Il s’agit de logements de type F3 répartis en 5 blocs sous forme de H, disposition qui a donné son nom à la cité. On peut s’interroger sur les critères fixés pour sélectionner les bâtiments à démolir étant donné que les mesures effectuées en 2009 montrent qu’il subsiste des dizaines de bâtiments contaminés à Mounana et que les doses induites pour les habitants sont dans de nombreux cas, supérieures aux limites sanitaires. Lors d’une conférence de presse tenue le 19 juillet 2008, un élu local de Mounana, M. Mathangoye Toundha a indiqué que « le rapport médical exercice 2006-2007 rédigé par l’hôpital local dénommé Jean Claude Andrault de Mounana est préoccupant. Selon ce rapport cité par l’élu, des enfants de 0 à 5 ans atteints des pathologies pulmonaires se comptent par centaines. A cela s’ajoutent des multiples cas de maladies sanguines, gynécologiques, des malformations congénitales et enfin des maladies dermatologiques ». En France les plus de 200 anciens sites miniers uranifères sont aujourd’hui fermés, mais nombreux sont ceux qui restent contaminés. Dans un certain nombre de cas, grâce à la mobilisation conjointe des élus locaux, des associations locales et de la CRIIRAD, il a été possible d’obtenir d’AREVA l’enlèvement des matières radioactives d’origine minière. C’est ainsi que sur l’ancien site minier des Bois Noirs (Loire, France), AREVA a traité depuis 2003, 7 sites9 et enlevé plus de 10 000 m3 de matériaux radioactifs liés aux anciennes activités minières. Dans le cas du site minier des Bois Noirs, les critères retenus par l’administration locale (DRIRE de la Loire) pour considérer que l’enlèvement des remblais radioactifs est impératif est une exposition externe ajoutée de 500 microSieverts par an. Dans de nombreux bâtiments de Mounana contrôlés en mai 2009 ce critère d’intervention est largement dépassé, pourtant les habitants vivent toujours dans les lieux contaminés, qui plus est, sans aucune information sur les risques sanitaires.

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